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Raymond DODARD, préparateur de commandes

Entretien avec Raymond DODARD, préparateur de commandes au sein de la SCOP ACOME et membre du Conseil d'Administration.



Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel

J’ai 33 ans chez ACOME, et avant j’été mécanicien dans la Région Parisienne. Le métier de mécanicien je l’ai appris sur le tas et ensuite j’ai eu le niveau CAP. Je suis rentré à l’ACOME en 1977, j’étais au départ agent de fabrication, je travaillé sur une gaineuse. Durant cette période j’étais en 3X8 heures. Depuis 3 ans j’occupe un poste de préparateur de commande au magasin. J’ai été pendant 10 ans délégué du personnel et depuis 7 ans je suis élu au Conseil d’Administration de l’entreprise.

 

Pourriez-vous décrire votre métier au sein de la structure

Mon ancien poste d’agent de fabrication consistait  à gainer du câble, je travaillé sur une machine gaineuse qui permet de mettre une couche de protection sur du câble conducteur. C’est assez complexe. Le câble arrive nu et ensuite on applique la couche de protection. C’est un métier, de la plasturgie, c’est aussi beaucoup de contrôle.

Aujourd’hui je suis préparateur de commande. Donc on reçoit des commandes de clients, notre mission et de préparer ces commandes et de les expédier. On reçoit un bordereau de préparation, ensuite on édite une fiche à servir. Les différents produits de la commande sont préparés, mis sur palette, conditionnés  et expédiés par camion. Aujourd’hui l’ACOME réalise 50% de son chiffre d’affaire à l’exportation. Les commandes sont variables, cela va d’un kilo à 25 tonnes.

 

L’ACOME est une SCOP (Société coopérative et participative), une entreprise de l’économie sociale,  qu’est-ce que cela implique pour vous ?

Ce qui ne change pas c’est le boulot. Il faut produire comme dans n’importe quelle entreprise. A la fin de la journée,  il faut avoir apporté une plus-value  à l’entreprise. Si on ne rapporte pas d’argent à l’entreprise, cela ne vas pas. Cela fait partie du travail, que l’on soit dans une SCOP ou autre.

L’avantage c’est qu’on a plus de liberté, en termes de dialogue au sein de l’entreprise,  on arrive mieux à parler avec notre hiérarchie. Ne serait-ce qu’avec la direction j’imagine que le dialogue est beaucoup plus facile ici que dans une entreprise classique. A l’ACOME on est salarié mais on est aussi associé, c’est obligatoire au bout de 3 ans. Associé ça veut dire « un homme égal une voix » donc chaque année en assemblée générale, on élit les membres du Conseil d’administration. Donc on se sent beaucoup plus impliqué. Et si l’entreprise fait des résultats on sait qu’on va en profiter à travers la redistribution des bénéfices et de la participation entre l’ensemble des salariés associés. Ça c’est un des gros avantages de travailler dans une SCOP, on récolte les fruits de notre travail et ça motive. Je me mets à la place d’un gars qui fait le même boulot que moi ailleurs, qui va être malmené et payé au SMIC alors que moi et mes collègues on sait que si il y a du travail de fait à la fin il y aura des résultats et on en profitera.

Il y a 7 ans on m’a proposé de me présenter au Conseil d’administration. Au début j’ai refusé, je pensais que ce n’était pas pour moi et en fait j’ai fini par accepter et aujourd’hui j’apporte mon savoir à mon niveau avec les directeurs, tout le monde apporte son savoir à son niveau et ça se passe très bien. Au niveau de l’ACOME s’est une volonté que l’ouvrier soit représenté au Conseil d’Administration. Aujourd’hui on est 9 au CA et chaque année 3 sièges font l’objet d’une élection en assemblée générale. La SCOP c’est aussi l’avantage qu’elle n’est pas à tout prix pour gagner de l’argent au détriment de l’emploi. La SCOP veille d’abord à protéger sa trésorerie, à garder son effectif, mais elle ne va  pas licencier 20% de ses effectifs pour maintenir des niveaux de dividendes qui seraient reversés à des actionnaires, comme c’est le cas dans certaines entreprises, on mets les mecs dehors et puis on continue à distribuer des dividendes aux actionnaires. A l’ACOME on a pas d’actionnaires extérieurs, on a que des sociétaires internes dont la très grande majorité sont salariés de l’entreprise. Dans les années 2000 l’ACOME a traversé une période difficile, il n’y avait plus de boulot  et on a malgré tout réussi à garder tout le monde, il y a eu des restructurations mais aucun licenciement économique. Quand il y a  des résultats on en profite et dans les passages difficiles économiquement, on peut s’appuyer sur les réserves et on conserve nos emplois et notre salaire et ça c’est un gros avantage de la SCOP.